On ne présente plus Stephen King, qui a écrit énormément de livres, tant sous ce nom que sous celui de Richard Bachman. Je me permets de me demander si sa réputation n'est pas un peu usurpée. J'ai lu onze livres de lui, et je trouve que certains auteurs savent mieux que lui nous effrayer, ou nous tenir en haleine. Je trouve qu'il met trop de sang, trop de spectaculaire, et ça en devient plus ennuyeux qu'effrayant, ou troublant. J'aime certains de ses livres, mais je place Serge Brussolo bien plus haut que lui, par exemple... D'autre part, n'ayant lu que onze livres, je ne peux peut-être pas trop juger, étant donné qu'il en a écrit beaucoup...
Rosy s'est mariée très jeune avec Norman. Pendant quatorze ans, elle subit le calvaire de vivre avec un fou, qui la bat. Rosy se résigne, se laisse taper dessus pour des riens. Mais un jour, la vue d'une goutte de son propre sang (encore due aux maltraitances de Norman), la révolte. Pourquoi ne pourrait-elle pas avoir une chance de s'en sortir? Rosy s'en va, sans rien préméditer, et choisit une ville qui se trouve à 900 kilomètres de là.
Ce livre est le premier King que j'ai lu, et de ce fait, je l'ai trouvé pas mal. Pourtant, j'ai conscience que pour les vrais fans de Stephen King, ce ne doit pas être l'un des meilleurs. Surtout que je pense l'avoir aimé pour de mauvaises raisons. La dimension fantastique m'a plutôt ennuyée, alors qu'il me semble que Stephen King est apprécié pour ce fantastique qu'il introduit dans ses livres. Là, je me suis ennuyée, je trouvais que ça traînait, que ça n'était pas très intéressant. J'ai bien aimé toute la dimension psychologique: la femme qui prend son courage à deux mains pour s'enfuir, la façon dont elle arrive à se reconstruire, la peur qu'elle essaie de combattre. L'histoire d'amour est un peu attendue, mais je l'ai bien aimée aussi. Quant aux passages où Norman traque Rosy, ils ne m'ont pas fait peur, alors que je suppose que c'était le but. Lorsque Norman pense, il me fait rire (On dirait un sale gamin. Il semblerait d'ailleurs que sa psychologie soit celle d'un gamin capricieux. Il a été maltraité par son père, et instinctivement, maltraite sa femme, et tous ceux qui lui tombent sous la main, car il n'est pas structuré.); et quand il agit, il me donne envie de vomir. En effet, Norman est violent, et Stephen King ne lésine pas sur les détails sanglants: comment Norman brutalise celui qui lui dit qu'il a vu Rosy jeter sa carte bancaire, comment il mord sauvagement celui qui a indiqué Filles et soeurs à Rosy, etc.