La gaga des traboules est la cinquième aventure de Sœur Blandine écrite par Philippe Bouin. Au cœur des traboules, mystérieux passages du vieux Lyon, Célestine, ex-gloire du music-hall surnommée la Gaga, berce en chantonnant le cadavre d’un jeune homme. A-t-elle commis le crime ? Impossible, clament ses amis, cabots déjantés et cuisiniers à l’ancienne, qui la défendent avec ardeur. L’ennui, c’est que la Gaga vit dans son monde à elle, seulement accessible à sa nièce, l’acariâtre Guillemette, du couvent de la Sainte-Croix. Entrée en scène de sœur Blandine, ex-officier de la Crim’. En voulant prouver l’innocence de Célestine, elle tombe sur un sanguinolent trafic de marionnettes. Or à Lyon, Guignol, c’est sacré ! Gare à la sainte colère de Blandine.
Je découvrais Philippe Bouin avec ce roman. Ce n’est peut être pas un polar exceptionnel, mais il vaut quand même le détour. L’auteur a assurément une belle écriture. Mais sa particularité, c’est un humour hors du commun, qui détonne dans le paysage du polar francophone – et non français puisque Bouin est Belge – assez pauvre en matière selon moi. L’auteur, en parfaite connivence avec le lecteur se rie de tout : des expressions de la langue française, de la religion, de la bêtise humaine et de bien d’autres choses encore. Il arrive même à nous faire rire avec les titres de ses chapitres. Parfois Bouin nous arrache un sourire, parfois c’est carrément le fou rire ( phrase à ne pas prononcer avec un cheveu sur la langue sous peine d’incompréhension la plus totale).
Ses personnages sont également réussis pour la plupart, même si j’ai trouvé que certains « méchants » étaient vraiment stéréotypés. Malheureusement l’intrigue policière est assez conventionnelle et plutôt pauvre en surprises, les rares rebondissements ne surprenant qu’à moitié.
Un bon roman policier tout de même, à lire ne serait-ce que pour goûter à l’humour si particulier de l’auteur.