Le révisionnisme en histoire - Domenico Losurdo, Albin Michel
Dans cette relecture originale des origines du totalitarisme . Domenico Losurdo s'attache à analyser et à dénoncer ce qui, selon lui, constitue le plus grand mythe historique de l'époque mode forgé par Carl Schmitt entre les deux guerres : l'idée que la tradition révolutionnaire, qui prend sa source dans la revendication de l'égalité, abstraite et universelle de tous les hommes, est en dernier ressort la cause des totalitarismes fasciste et communiste - qui ont marqué le XX e siècle.
S'inscrivant en faux contre les positions qui en découlent, D. Losurdo montre, contre Nolte, que la terreur de masse et le totalitarisme ont des racines qui précèdent de loin la révolution d'Octobre et, contre Furet, qu'ils n'ont pas de liens intrinsèques avec la tradition révolutionnaire et la lutte pour l'égalité abstraite. Leur origine est endogène à la. culture libérale de l'Occident moderne ; elle est liée à la manière dont les démocraties pont conçu et développé leurs rapports avec les peuples « autre ».
Le nazisme n'est donc pas le produit d'infection par l'Orient (et n'a pas imité les méthodes des bolcheviques, « mongols », « asiates » juifs sans patrie, comme le prétend Nolte), mais un pur produit de l'Occident. À l'opposé de la tradition révolutionnaire, il tire son essence de la négation de l'universel humain et de la racisation de l'ennemi pratiquée par les pays occidentaux, dans le colonialisme et les mouvements racialistes qui ont foisonné avec l'essor de la modernité industrielle et « libérale ».
Et c'est dans ce déni que plongent les racines du révisionnisme historique qui tend à s'insinuer de nos jours.
Par Mr Georges le 24/06/2006
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