Le sceptre d’Ottokar est pour Hergé un album dans lequel sa maturité et son indépendance politique commencent enfin à prendre forme.
Tintin va, dans un pays de l’Est, la Syldavie, déjouer et contrecarrer un coup d’état qui a pour but de renverser le roi Muskar XII qui ne cherche que le bien de son peuple, en lui donnant paix et nourriture. Les comploteurs proviennent d’un pays voisin qui aurait bien pu être bulgare vu les moyens utilisés par ces espions et traîtres .
Hergé écrit cette histoire en 1938 en s'inspirant des événements politiques du moment. Hitler vient de proclamer « l’Anschluss » c’est à dire l’annexion de l’Autriche. D’ailleurs, Hergé le dit lui-même : « L’histoire du Sceptre d’Ottokar est celle d’un Anschluss avorté ». On ne peut pas mieux faire comme documentaire d’actualité en dessins.
C’est dans cet album que Tintin va rencontrer pour la première fois la Castafiore qui va sans le savoir le sortir d’une mauvaise passe.
Pour la petite histoire, c’est en 1947 que Edgar P.Jacobs va être chargé de « balkaniser » les décors. Hergé va en profiter pour se dessiner en compagnie de Jacobs, dans la planche 59 lors de la réception triomphale de Tintin.