Goscinny est l'un des pères des aventures d'Astérix, Obélix et de toute une bande de Gaulois que nous connaissons bien et qui continuent à résister encore et toujours à l'envahisseur romain, mais aussi d'un Indien, Oumpah-Pah le peau-rouge (toujours en collaboration avec Uderzo). Il fut le scénariste de nombreux autres héros et dessinateurs de BD, et également l'auteur d'histoires plus ou moins courtes pour adultes et pour enfants, partant du principe qu'un adulte a été un enfant un jour et qu'il doit savoir garder cet émerveillement que l'on a tendance à perdre en grandissant.
Qui n'a jamais lu, dans son enfance, au moins une histoire du Petit Nicolas ? Qui ne se souvient avec tendresse de ces petits personnages, Rufus, Agnan, Alceste, Geoffroy, et tous les copains de l'école ? Qui n'a jamais tremblé en lisant les mimiques du Bouillon, n'a jamais eu peur de le rencontrer au coin de la rue ? Et les histoires entre les adultes, qui se révèlent parfois aussi gamins que leurs enfants ?
J'ai beaucoup aimé me replonger dans ces histoires. La narration se fait à la première personne, c'est Nicolas qui parle. Il est encore jeune et ne sait pas toujours bien s'exprimer, ce qui se ressent dans ses paroles (ils sont toujours "un tas de chouette copains"), il fait souvent de grandes digressions pour raconter tel ou tel événement qui n'a pas forcément rapport avec le propos principal, mais cela reflète très bien la façon qu'ont les enfants de s'exprimer quand ils racontent des histoires. Certes, les repères sont un peu passés aujourd'hui, car le cadre principal des aventures de Nicolas est une école de garçons des années 60, mais cela ne fait rien, on ne s'en rend presque pas compte. Il n'y a aucune date, aucun nom de ville, aucun repère temporel précis, ce qui nous permet de placer la narration partout où on le souhaite.