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Un si joli monde - Stéphane Bern, Flammarion


Photographie

 

Stéphane Bern a commencé sa vie médiatique par le journalisme, il s'est rapidement spécialisé dans le monde des têtes couronnées et du Gotha, puis a pointé à la télévision toujours dans cette spécialité (notamment par l'émission Saga). Aujourd'hui, il est animateur sur France Inter (le Fou du Roy, tous les midis) et à la télévision (l'Arène de France, sur France 2, en deuxième partie de soirée), délaissant quelque peu le monde très fermé du "grand monde" pour animer débats et magazines de société. Un si joli monde est son premier roman.

 

Le roman :
Pierre Bonnard est heureux : il a enfin atteint le but qu'il s'était fixé, être invité à toutes les réceptions mondaines de France. En effet, grâce au piston de sa tante, ancienne gloire de beauté, il est devenu le rédacteur de la rubrique mondaine "A la ville, à la scène" d'un grand journal national, et est devenu l'indispensable reporter de ces réceptions où paillettes et titres ronflants remplacent la spontanéité. Sa préférence va aux noms à rallonge, à particules si possibles multiples, aux princes, princesses et autres rois en exil qui peuplent ces fêtes.
Mais son bonheur est gâché par un mystérieux corbeau, qui lui envoie des lettres anonymes où il dénonce les masques que porte cette société, où les apparences sont très souvent trompeuses : une telle, qui se dit fidèle à son mari, est pris en photos dans les bras d'un gigolo notoire, un autre, respectable mari et père, que l'on retrouve embrassant à pleine bouche un autre homme, d'autres encore qui ne peuvent sortir sans leur dose de poudre blanche... Bref, ce corbeau s'ingénie à montrer à Pierre la face cachée de ces célébrités qu'il croit au-dessus de tous ces tourments.
Pierre n'aura de cesse, donc, de démasquer ce corbeau, tout en étant décidé à continuer à profiter de ces invitations qui affluent sans cesse à son bureau, où il va la plupart du temps accompagné de Cassandra, la jolie rédactrice de mode du journal...

 

Ma critique :
Quand j'ai vu le livre pour la première fois, je me suis dit : "Encore une célébrité qui veut vendre sur son nom !". Mais après une bonne critique dans un journal, j'ai eu la curiosité d'ouvrir le roman pour en lire un peu... Et je n'ai pu le lâcher tout de suite ! Certes, le propos est assez décousu, il s'agit plus d'une suite de portraits et de descriptions (non pas physiques, mais des moeurs des gens décrits) que d'un vrai roman suivi, mais on suit avec plaisir Pierre dans ces fêtes qui font toujours rêver, et les lettres du corbeau nous permettent de toujours garder aussi les pieds sur terre. On prend plaisir à voir Pierre ouvrir peu à peu les yeux sur ce monde, prendre du recul, et juger autrement les paillettes qui au début l'éblouissaient. Et bien entendu, même si la fin est téléphonée (l'histoire avec Cassandra, dont on se doute depuis le début), on se demande jusqu'au bout qui est ce mystérieux corbeau, qui ne nous est dévoilé qu'à la toute dernière page du roman.
Cependant, on a quelque mal à suivre parfois, les phrases sont souvent trop longues ou alambiquées, il y a besoin de les relire plusieurs fois pour en saisir le sens, il est fait allusion à des habitudes que nous ne connaissons pas, les personnages sont parfois obscurs pour nous. Et plus souvent que le rire, c'est un sourire gêné qui nous vient aux lèvres, quand on nous dépeint des personnages avec leur plus gros travers. Et on ne sait jamais s'il s'agit de personnes véritables ou imaginées pour le roman. En effet, Stéphane Bern cite souvent des personnalités connues au milieu de parfaits inconnus, ce qui contribue à notre malaise. La postface nous dit bien que les noms cités ne le sont que par pure amitié, et que les personnages décrits sont pure invention, il nous reste un léger malaise à la fin du roman...
Mais ce que je garderai comme leçon de ce roman, c'est que les choses ne sont pas toujours telles que l'on croit, et qu'il faut toujours se méfier des apparences et des paillettes, qui cachent souvent la plus grande misère du monde...


Par Bernie. Retrouvez la sur www.lalivrophile.net
le 27/12/2007



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