1842. Sylvestre-Marcelin Chabrol, maçon, quitte sa Creuse natale pour aller trouver du travail à Paris. Il est gai, plein d'espoir, prêt à travailler de toutes ses forces pour aider sa famille.
Quant à l'intrigue, Georges Coulonges a su la construire aussi bien qu'il a su planter le décor. On vibre avec Sylvestre et Nanette. On partage leurs bonheurs et leurs tristesses. On comprend le dilemme de Sylvestre quant à Nanette et à Angèle. On le voit se débattre pris au piège de ses sentiments. Et Nanette, ce petit oiseau fragile: les épreuves se chargent de la piétiner, de lui voler sa pureté. C'est bien sûr elle, mon personnage préféré. Elle lutte, elle se bat pour survivre, elle a foi en son amour, elle réussit à le préserver malgré tout. Elle ne peut qu'attirer la sympathie du lecteur. Elle pourrait paraître un peu gourde, mais au fur et à mesure du livre, elle nous apparaît seulement timide, et ayant envie de bien faire.
Quant à la fin... Il fallait bien qu'il y eût une fin. Il fallait bien que cette situation inextricable se dénouât d'une manière ou d'une autre. Puisque les hommes n'ont pas su la résoudre, la vie s'en est chargée. Tant qu'à faire j'avoue que j'aurais préféré que le contraire se passât. Pourquoi l'auteur a-t-il préféré sacrifier tel personnage plutôt que tel autre? Je ne pense pas que ce soit un message qui veuille dire que celui qui a péché mourra par là où il a péché. Cela pourrait, mais honnêtement, je ne le pense pas. Une question reste après cette fin. Que va-t-il advenir de Marceline? Il aurait sûrement été délicat que Sylvestre la ramenât chez lui, mais je pense que cela aurait été préférable...