Khady est sénégalaise. Elle nous raconte son enfance, entourée de sa famille qu'elle aime profondément. Un jour, à sept ans, elle vit quelque chose qui l'affectera pour toute sa vie. A ce moment-là, elle ne le sait pas encore. Elle vit un traumatisme, mais elle s'efforce de l'oublier, sans savoir qu'il ressurgira. En effet, à sept ans, Khady est excisée, comme le veut la coutume, coutume respectée par sa famille. Plus tard, elle épouse un homme qu'elle connaît à peine. Celui-ci habite à Paris, et l'y fait venir. L'existence de Khady sera bien terne: il semble qu'aux yeux de son mari, elle ne soit bonne qu'à être engrossée tous les ans, afin qu'il touche les allocations familiales.
Khady nous raconte également tout le chemin qu'elle a parcouru pour en arriver là. Elle s'est battue, s'est révoltée. Il lui a fallu beaucoup de force de caractère pour affronter son mari, qui voulait la confiner au rang de poule pondeuse. Elle souligne d'ailleurs qu'en Afrique, la femme n'est pas traitée ainsi, contrairement à ce que certains pourraient croire. Bien sûr, il y a la polygamie, mais la femme a son indépendance. Elle peut travailler, et ne doit pas remettre chaque sou gagné à son mari. Le livre et son sujet peuvent paraître mélodramatiques et rebattus, mais il n'en n'est rien. Ce témoignage doit être lu et connu, à mon avis.